
Un univers qui ne ressemble à aucun autre
Avant de penser la moindre image, j’ai pris le temps de comprendre qui était vraiment Numissima.
Là où on imagine le rachat d’or comme un geste froid, presque clinique, l’entreprise a fait le choix inverse : transformer ses boutiques en lieux d’expérience. Leur mur-musée en est le cœur. On y pousse des petites fenêtres pour découvrir un secret, puis un autre. On y apprend que l’or se cache aussi bien dans le spatial que dans la médecine, qu’il a une histoire, des propriétés étonnantes. C’est visuel, c’est tactile, c’est ludique — et profondément pédagogique.
Tout est pensé pour que la transparence soit un pilier de l’expérience : l’estimation se déroule sous les yeux du client, rien n’est caché. Cette philosophie, on la retrouve jusque dans leur identité de marque, construite autour du Kintsugi — cet art japonais qui répare les fêlures à l’or, et considère le métal précieux comme un lien entre les histoires passées et celles à venir.
C’est précisément là qu’est née mon idée maîtresse. Le Kintsugi, c’est l’or qui vient toucher, révéler et relier. Mon rayon doré est né de cette image : un trait de lumière dorée qui entre dans le cadre et vient, lui aussi, toucher et révéler le sujet. La signature visuelle du projet est directement inspirée de leur propre métaphore de marque.
Voilà ce qu’on m’a demandé d’incarner en images. Pas un catalogue. Un univers.

La direction artistique : un moodboard avant l’appareil
Mon premier outil sur ce projet n’a pas été le boîtier. Ça a été le moodboard.
C’est ma manière de travailler : avant de déclencher quoi que ce soit, je pose des intentions, des références, des ambiances de lumière. Le moodboard devient un objet de dialogue avec le client — on s’accorde sur une direction, on tranche, on ajuste. Il évite les malentendus et donne au projet une colonne vertébrale. C’est aussi ce qui distingue mon approche du portrait corporate : penser l’image comme un outil de communication, pas seulement comme une belle photo.
De ces échanges, trois registres photographiques se sont dessinés, pensés pour se compléter sans jamais se répéter :
Le rayon doré. Ma réponse la plus directe à leur univers. Un faisceau de lumière dorée qui entre dans le cadre et vient toucher, presque systématiquement, l’objet ou le sujet principal de l’image. Je l’ai travaillé au snoot optique, un modeleur de lumière qui me permet de concentrer le faisceau et de le diriger au millimètre. Cette lumière n’est pas qu’esthétique : elle raconte la valeur, la rareté, ce moment où l’or capte la lumière et la renvoie. Elle prolonge l’or du Kintsugi qui relie et révèle.
Le flou de mouvement. Une alternative plus dynamique, plus vivante, pour certaines scènes. Une façon d’inscrire du mouvement et de l’énergie là où le secteur a l’habitude de figer.
Les images classiques. Parce qu’une marque ne peut pas vivre uniquement d’images trop typées. Il fallait aussi des photos plus sobres, plus directes, qui respirent et qui s’utilisent partout. Le parti pris créatif n’a de force que s’il dialogue avec des images qui le laissent respirer.

Mon rôle c’est, aussi, de cadrer le projet
Au départ, tout devait tenir sur une seule journée : les portraits, les mises en situation, et même les photos de produits.
Une partie de mon travail a été de poser un diagnostic honnête : ce n’était pas réaliste. Vouloir tout faire en une journée, c’était prendre le risque de tout faire à moitié. C’est là que mon expérience du reportage en entreprise entre en jeu : j’ai proposé de structurer le projet autrement, en cadrant aussi le volume de photos pour que chaque registre ait le temps d’exister.
Le projet s’est finalement déployé sur deux jours, plus une session packshot traitée à part :
- Jour 1 — la boutique de Bayonne. Le lieu, son identité, le mur-musée. Le décor réel de l’expérience Numissima.
- Jour 2 — l’Hôtel Burdigala, à Bordeaux. Un salon mis à notre disposition, puis une chambre transformée en décor pour simuler l’intérieur d’un client. Un cadre plus intime pour les scènes de mise en situation.
Ce cadrage en amont, c’est sans doute la part la moins visible de mon métier. Mais c’est elle qui a permis aux images d’exister sereinement.



Ce que ces images racontent
Au bout du compte, ce projet, c’est la rencontre entre une demande exigeante — « sois différenciant » — et une réponse photographique assumée.
Un rayon doré comme signature. Un moodboard comme boussole. Un cadrage qui a su dire non au « tout en un jour » pour mieux dire oui à la qualité. Et une équipe qui, en me lançant ce défi, m’a poussé exactement là où j’aime être : un peu hors des sentiers battus.
Dans les prochaines semaines, je reviendrai en détail sur les différentes facettes de ce projet — les portraits d’équipe, les mises en situation imaginées par l’équipe de Numissima, et les packshots. Chaque registre mérite qu’on s’y arrête.

Et si on créait ensemble ?
Vous avez une idée, un besoin, parfois juste une intuition ? On en parle.
C’est dans ces premiers échanges que naissent les images qui vous ressemblent vraiment.